DISCOURS DU MAIRE A L'OCCASION DE L'INSTALLATION DU NOUVEAU CONSEIL MUNICIPAL SAMEDI 23 MAI 2020

-A +A

Avant de lever cette 1ère séance du conseil municipal, je souhaiterais adresser quelques mots à la population à travers vous, compte-tenu des conditions particulières dont se tient ce 1er conseil.

C’est aujourd’hui un moment fort et chargé d’émotion, que ce soit pour moi et la nouvelle équipe, mais aussi pour l’équipe sortante.

Cet instant solennel, mais nécessaire pour la démocratie, fait que c’est le maire qui s’adresse à vous, et par-delà, à toutes les blanc-bourgeoises et tous les blancs-bourgeois.

Je remercie toutes les électrices et tous les électeurs qui se sont rendus aux urnes le dimanche 15 mars dans des circonstances particulières.

Les remercier de la confiance qu’ils nous ont témoignée, à nous d’être maintenant dignes de celle-ci.

Malgré ces circonstances, le taux de participation (58,3 %) a été correct, sans être à la hauteur de ce que l’on pouvait attendre pour des élections municipales, mais nettement supérieur à la quasi-totalité des communes de la CCPA où seules 3 communes ont atteint un taux de participation supérieur à 50 %.

Tout d’abord, je voudrais saluer et remercier l’équipe sortante pour le travail effectué durant le dernier mandat. Tous les engagements que nous avions pris ont été réalisés et même au-delà.

Le mandat qui s’achève marque aussi la fin de plus d’un siècle d’implication d’élus au service de notre commune et je voudrais leur rendre hommage.

Gilles FALC’HUN a donné 43 ans, Jean-Luc TREGUER et Jean-Paul BERTHOULOUX 31 ans chacun, soit 105 ans de dévouement au service de Bourg-Blanc. Merci

Mais avant de parler de l’avenir, comment ne pas parler de la période grave, très anxiogène, très particulière que nous venons de vivre et que nous allons continuer de vivre.

J’ai l’habitude, chaque année de terminer mes vœux, en vous disant qu’au-delà de ce qui a pu être réalisé, RIEN N’EST POSSIBLE SANS LA SANTE.

Aujourd’hui, ça nous frappe en plein visage.

Ce problème sanitaire a recalé toutes les valeurs, mais a montré aussi :

 - le formidable engagement de tous, et bien sûr en particulier, de notre personnel de santé, mais aussi de nos commerçants sans qui la vie aurait été encore plus difficile,

 - le formidable élan de générosité d’entreprises, de particuliers et autres à travers tous les dons effectués,

  - le formidable élan d’entre-aide entre voisins, mais aussi de personnes qui se sont spontanément proposées pour aider,

  - la bonne réactivité et la forte implication du CCAS.

Ces évènements ont bousculé nos habitudes, mais aussi modifié nos modes de vies.

J’espère qu’à la sortie de cette crise, chacun en sortira renforcé sur le plan humain, relationnel, mais aussi qu’il gardera en tête l’utilité de faire travailler nos commerces locaux qui nous ont été bien utiles.

Mais une grande inquiétude demeure : c’est la capacité à faire redémarrer l’activité économique sans quoi rien n’est possible.

Au niveau de notre commune, il faut soutenir nos commerçants, nos artisans, nos entreprises et là, chacun peut apporter sa pierre à l’édifice en pensant toujours proximité dans nos achats, dans nos projets.

Il convient maintenant de se tourner vers l’avenir.

Nous allons dans les 6 années qui viennent mettre en œuvre le programme sur lequel nous avons été élus.

Je souhaite que tous ensemble, élus de la majorité, mais aussi de l’opposition, travaillons au service de notre commune.

Dans les années qui viennent, l’environnement devra être au cœur des décisions que nous aurons à prendre et doit faire partie de notre quotidien.

Deux grands domaines de travail nous mobiliseront durant le mandat :

1/ Les projets : ceux-ci seront menés sur la durée, sans à priori, en écoutant tous les avis et en recherchant le meilleur consensus.

Ils ne vont pas se réaliser du jour au lendemain, mais nous allons les lancer en fonction de nos moyens financiers.

2/ Il y a ensuite tous les petits et grands travaux d’entretien, d’amélioration, d’aménagement, autant dans la zone urbaine que dans la zone rurale, ressentis comme des irritants par la population et que l’on peut souvent assez facilement régler.

Tout ceci n’a qu’un seul but : faire que tous les habitants, quel que soit leur âge et leur situation, puissent vivre harmonieusement dans notre commune, et que notre commune soit la plus accueillante possible.

Je pense par exemple à l’enfance et la jeunesse.

Je pense aux personnes handicapées et aux personnes âgées pour lesquelles, en particulier, nous devons poursuivre les aménagements d’accessibilité.

Je pense aux personnes en difficulté matérielle ou morale que nous allons continuer à aider dans la mesure de nos moyens.

Je n’oublie pas aussi la densité et la richesse du monde associatif, sportif et culturel de notre commune qui pourra bénéficier d’un nouveau complexe sportif, même si notre collectivité était déjà bien pourvue en infrastructures.

Aujourd’hui et demain encore plus, il est dans certains domaines difficile, voire impossible de travailler seul, que ce soit en termes de faisabilité, mais aussi de coût. C’est pour cela que nous continuerons de travailler en concertation et coopération avec les communes voisines. Nous continuerons à être acteur au sein de la CCPA qui durant le mandat précédent s’est étoffée en termes de domaines de compétences et de responsabilités : résultat de la mise en place de la loi NOTRe.(Nouvelle Organisation Territoriale de la République).

Si la Communauté de Communes est incontournable, car une commune n’a ni la compétence, ni les moyens de gérer des domaines particuliers tels que les ordures, l’urbanisme, l’eau et autres, compte-tenu de l’évolution des réglementations, n’oublions jamais la loi de 2019 relative à l’engagement dans la vie locale et à la proximité de l’action publique qui indique dans son 1er chapitre :

Le chapitre 1er institue un pacte de gouvernance entre l’établissement public de coopération intercommunale et les communes qui le composent. Il REAFFIRME que la communauté de communes est au service des communes.

C’est cette position que j’ai toujours tenue lors du précédent mandat et que je souhaite tenir pour celui-ci.

Avec cette autre position que j’ai tenue seul en conseil communautaire mais qui depuis a été adopté à la très large majorité des communes de la CCPA, la communauté de communes reste une intercommunalité de plein droit dans le pays de Brest.

On ne peut pas faire de mariages contre nature et destructeurs de valeur pour notre communauté de communes et nos communes.

Pour terminer, je voudrais vous dire que, lors du précédent mandat, mon ambition et celle de mon équipe a été de mener à bien nos projets tout en :

   - n’augmentant pas la pression fiscale locale : c’est ce que nous avons fait en n’augmentant pas, pour la première fois de l’histoire de Bourg-Blanc, les taux d’imposition des impôts locaux et le prix de l’eau et la redevance assainissement.

     - désendettant la commune : c’est ce que nous avons fait en diminuant l’endettement de 50 %, et ceci afin de nous donner de nouvelles marges de manœuvres pour ce mandat.

Et ce sera bien utile compte tenu des baisses de subventions qui vont s’amplifier à cause de la crise. En effet, les recettes de la région et du département sont directement liées à la fiscalité des entreprises qui va fortement diminuer. La région prévoit déjà 100 millions de recettes en moins en 2020 !

En ce début de mandat, je me dois aussi de communiquer à la population la vraie situation de la commune car je lui dois la transparence en matière financière.

Un budget communal, c’est un peu comme un budget familial : il y a des recettes comme dans nos foyers (les salaires, les retraites, les revenus divers), et puis il y a des dépenses (les factures à payer), et puis à la fin de l’année, on s’arrête et on regarde. Si les recettes sont inférieures aux dépenses, alors il faut emprunter pour boucher le trou, mais si les recettes sont supérieures aux dépenses, alors on a un bénéfice que l’on peut utiliser pour des projets l’année suivante.

 Au 1er janvier 2014, lorsque nous avons été élus, il y avait un excédent de fonctionnement, un bénéfice de 650 000 euros. Au 1er janvier 2020, cet excédent, ce bénéfice est de 1,2 millions d’euros : il a doublé.

Mais il y a aussi un autre chiffre qui est important comme dans vos foyers : vous avez des recettes qui rentrent ou qui vont rentrer ultérieurement, mais en les attendant, il vous faut continuer de pouvoir acheter de la nourriture et payer vos factures. Et bien dans une mairie c’est pareil : il faut avoir du vrai argent en banque, qu’on appelle la trésorerie, pour subvenir aux dépenses en attendant que toutes les recettes soient là.

Au 1er janvier 2014, cette trésorerie s’élevait à 300 000 euros. Au 1er janvier 2020, elle s’élève à 1 millions d’euros : 3 fois plus.

Mes propos n’ont qu’un objectif : dire la réalité des choses, en étant factuel, et surtout pas dans un but de polémique, car la polémique n’a jamais fait avancer les choses, elle n’a jamais été créatrice de valeurs.

Je voudrais conclure en vous disant que mon ambition et celle de mon équipe, est que Bourg-Blanc soit un BOURG. Et pour moi un Bourg s’écrit avec un grand « B », c’est quelque chose de vivant. Et cette vie, elle vient, bien sûr des habitants, de leur dynamisme à travers toutes les structures associatives ou autres. Mais l’essence même de cette structure vivante repose sur l’activité économique, les entrepreneurs, les artisans, les agriculteurs, les professions libérales et bien sûr tous les commerçants.

Je compte sur eux, nous pouvons les aider, mais nous ne pouvons et ne devons pas nous substituer à eux.

Enfin, je voudrais dire aussi à nos employés communaux que nous avons confiance en leur loyauté et leur engagement pour continuer à travailler avec nous au service de la population.

Je leur renouvelle tous mes remerciements en mon nom propre et au nom de tous les élus, et vous assure, à vous les Blancs-Bourgeois, de notre engagement total au service de toute la commune.

Avant de nous séparer, nous allons aller déposer une gerbe au monument aux morts pour perpétuer le devoir de mémoire.

Nous nous devons, en toute circonstance, d’honorer la mémoire de ceux qui à Bourg-Blanc comme ailleurs, ont donné leur vie pour nous permettre de vivre aujourd’hui dans un pays de paix et de liberté.

Ce dépôt de gerbe, compte tenu des circonstances sanitaires, se fera en petit comité, une dizaine de personnes : moi-même, le 1er adjoint, Gilles, Jean-Luc, Jean-Paul et 5 ou 6 nouveaux élus.

Merci de votre attention

Bernard GIBERGUES